Bener

Projet de zone commerciale de Béner : le MoDem 72 fait entendre sa voix.

La fédération sarthoise du Mouvement Démocrate s’est consacrée à une réflexion approfondie sur le projet de zone commerciale de Béner.

Afin de parvenir à une position objective et éclairée, notre étude a pris en compte les arguments défendus tant par les promoteurs du projet que par ses opposants. Nous avons regroupé les analyses publiées sur la situation commerciale au Mans, nous avons invité et écouté les riverains de la zone de Béner et, dans un dernier temps, nous avons confronté le projet de Béner aux évolutions nationales en matière de consommation.

 

Quelle est la situation de la métropole mancelle ?

Depuis déjà des années, la situation est extrêmement déséquilibrée. La densité commerciale du Mans, c’est-à-dire le nombre de mètres carré par habitant destinés au commerce, est bien plus élevée qu’ailleurs en France. Elle est supérieure de 20% à celle de Tours ou Rennes, de 30% à celle de Caen, Amiens ou Rouen, et pratiquement de 40% par rapport à Angers et au Havre.

Pour cette raison, dès 2011, lors des élections cantonales, le MoDem 72 avait soulevé la nécessité de faire une pause dans la construction de nouvelles zones commerciales car la situation était déjà déséquilibrée.

Le centre-ville et Centre-Sud sont maintenant fortement impactés par la prolifération des zones commerciales périphériques et leur extension régulière. Ceci était évitable !

 

La situation actuelle sera-t-elle aggravée par le projet de Béner ?

OUI… car le projet prévoit en effet un hypermarché Leclerc de plus de 31.000m2 (par comparaison, Auchan ne fait « que » 13.200m2), une galerie marchande de 16.000m2 (contre 12.000 m2 pour celle d’Auchan) et encore 50.000m2 pour les autres magasins dont Ikéa.

Actuellement, Auchan est dans une situation tendue car le modèle des hypermarchés est en perte de vitesse. L’hypermarché Carrefour du Mans (Centre Sud) connait une situation encore plus difficile depuis l’ouverture de Family Village. La zone de Béner augmenterait la capacité commerciale du Mans de 25% alors que le commerce manceau est déjà largement surdimensionné.

Dans un contexte de saturation commerciale du Mans, le risque de fermetures en cascade est majeur.

 

Qui a validé l’ouverture de cette zone commerciale ?

Ce sont principalement des élus locaux (ou leurs représentants) qui siègent en CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial). Pour ce projet, ces élus étaient (en personne ou représentés) : le maire du Mans, la maire d’Yvré-l’Evêque, le président du Conseil Départemental, le conseiller départemental du canton ou encore un représentant de la Région.

Lors de la CDAC du 2 septembre 2014, les membres ont validé le projet du Leclerc par 8 « OUI », zéro « NON » et aucune abstention. De ce fait, la responsabilité des élus est totale.

 

Quel impact écologique ?

Tel qu’il est présenté, ce projet est un danger d’un point de vue écologique : il présente des risques en matière de sécurisation du captage de l’eau potable distribuée aux habitants de l’agglomération, un risque d’inondation du fait de l’imperméabilisation des sols, un risque de pollution automobile (sonore, particules fines et CO2), sans parler de la pollution visuelle par une architecture mal intégrée dans le paysage…

Par ailleurs, l’impact écologique du projet sera supporté par la collectivité et non par les promoteurs. Par exemple, les bassins de rétention d’eau construits sous les parkings seront rétrocédés à Le Mans Métropole. Lorsqu’il faudra faire des travaux de rénovation dans 20 ou 30 ans, le coût sera exorbitant et à charge des habitants de l’agglomération.

Et que deviendront les espaces inévitablement délaissés (par le Leclerc actuel notamment) ? Qui entretiendra les friches commerciales ?

 

Quels emplois en jeu ?

Ne nous leurrons pas, la logique unique de l’offre ne crée pas une demande infinie. Ce qui sera créé d’un côté sera, pour partie, détruit de l’autre. Y compris en termes d’emploi !

 

Alors, que faire ?

Le MoDem 72 déplore un projet à haut risque et déjà obsolète. En conséquence, nous préconisons deux axes pour envisager l’avenir avec pragmatisme :

  • Tout d’abord, ce projet doit être redimensionné en termes d’échelle et d’impact environnemental. Les hypermarchés gigantesques sont d’un autre temps et correspondent de moins en moins aux nouveaux modes de consommation : circuits courts, petits magasins de proximité, services internet (drive, livraison à domicile…). Cette zone, telle que prévue aujourd’hui, pourrait donc ne jamais être rentable et, de plus, provoquerait une série de fermetures de magasins sur toute l’agglomération mancelle.
    En revanche, compte tenu des investissements importants déjà réalisés, un arrêt total du projet est peu probable.
    C’est pourquoi nous appelons élus et promoteurs à le ramener à une échelle plus raisonnable, de manière à réduire autant que possible les risques environnementaux (moins d’espaces bitumés, des bassins de rétention d’eau aériens et non pas enterrés, …).
  • Par ailleurs, le Mans Métropole doit se doter d’une charte d’aménagement commercial.
    Il s’agit de compléter le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) par une organisation planifiée, concertée et raisonnable de l’aménagement commercial, qui devra intégrer, entre autres :
    – l’arrêt de la destruction de terres agricoles vierges, au profit d’une réhabilitation et d’une revalorisation des friches industrielles ou commerciales ;
    – un meilleur équilibre entre les zones commerciales périphériques et le centre-ville du Mans aujourd’hui en difficulté.

 

Communiqué du 30 mars 2018.

 

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